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LE COURS DE L’EAU

Du 27 juillet au 31 juillet 2021 au centre d’art et de design La Cuisine à Négrepelisse

C’était une semaine de réflexion autour du “pays productif” et de la ruralité mené dans la cour du centre d’art “La cuisine” à Négrepelisse. Une semaine d’ateliers pour cartographier les ressources, exprimer les voies de transformation soutenable, dire ce qu’est le sol d’un éleveur, d’un paysan aujourd’hui, travailler aussi avec la seconde, voire la troisième génération des « néoruraux » qui peuplent les causses environnants et impulsent des dynamiques souvent insoupçonnées des urbains…

L’onde qui se propage à la surface de l’eau et se dépose en vaguelettes sur les berges ressemble à l’onde électromagnétique que l’émetteur radiophonique produit et dépose au berceau des oreilles des auditeurs. Partant de ces similitudes, Ludovic Roif propose « L’onde dilettante », un dispositif acousmatique et performatif qui utilise la dégustation d’eaux réelles et imaginaires afin d’expérimenter la manière dont ces eaux se marient avec les réflexions des invités ou au contraire les déstabilisent comme un canoë au milieu des remous

Dessin du projet La Cour et l'Eau

Le 27 juillet, à 18h, « Dialogue d’eaux et terroirs » avec Camille de Toledo & Sarah Vanuxem

Sarah Vanuxem est juriste. Elle enseigne à la faculté de droit de l’Université de Nice. Ses recherches se situent à la croisée du droit des biens et du droit de l’environnement. S’appuyant sur les observations de l’anthropologue Philippe Descola regardant les différentes conceptions culturelles de la notion de nature, ses travaux développent une conception originale de la solidarité écologique. Elle est l’auteure de La propriété de la terre (Wildproject, 2018) et Des choses de la nature et de leurs droits (Quæ, 2020).
Camille de Toledo est écrivain, docteur en littérature comparée. Il a étudié l’histoire, le droit, les sciences politiques et la littérature. En 2004, il a obtenu la bourse de la Villa Médicis. Engagé pour une reconnaissance juridique des éléments de la nature, il orchestre le processus instituant des Auditions pour un parlement de Loire, avec le Pôle Art et Urbanisme. Parmi ses publications : Les potentiels du temps (Manuella éditions, 2016), Le livre de la faim et de la soif (Gallimard, 2017) et Thésée, sa vie nouvelle (Verdier, 2020).

 

Le 28 juillet, à 19h, « Dialogue des eaux animales » avec Lætitia Carlotti & Anne Lauvie

Lætitia Carlotti est artiste et ouvrière du paysage. Elle travaille en Corse, où elle dirige l’association arterra (www.arterra.corsica), qui œuvre au développement et à la diffusion de pratiques artistiques innovantes contemporaines dans les paysages corses. Chercheuse en arts plastiques, elle développe des projets collaboratifs au long cours avec des artisans, des paysagistes, des paysans afin de replacer l’art au sein des activités d’usages qui questionnent la notion d’arrière-pays et les devenir féraux.

Anne Lauvie est ingénieure agronome. Chercheuse à l’Inrae, elle travaille sur les systèmes d’élevage mobilisant les populations animales locales (notamment les races locales de ruminants et écotypes d’abeilles locales) et les démarches collectives autour de ces populations animales. Elle coordonne actuellement un ouvrage collectif sur la biodiversité domestique, analysant les potentiels nouveaux liens entre élevage, territoires et société (à paraitre en 2022 aux éditions Quæ).

Le 29 juillet, à 19h, « Dialogue des eaux fruitées » avec Bronwyn Louw, Marielle Macé & Jeanne Peylet-Frish

Bronwyn Louw est poète. Elle prépare actuellement une thèse à l’EHESS, intitulée Écrire le verger au XXIe siècle, dont les recherches – outre la recomposition d’une longue histoire de la littérature lyrique – sont nourries et portées par l’écriture d’un recueil poétique. Dans son travail, qui se déploie aussi dans des performances artistiques, le verger est une métaphore agro-poétique pour dire et révéler un monde de métamorphoses et d’enchevêtrement de formes de vie, à l’écologie trouble et pourtant « fructueuse ».

Marielle Macé est historienne de la littérature. Directrice de recherche au CNRS, directrice d’études à l’EHESS, elle a été récemment auteure associée aux Amandiers à Nanterre. Elle interprète l’art poétique comme une exploration critique des formes de la vie, en prise avec l’écologie des paysages et ses tourments les plus contemporains. Membre du comité de rédaction de la revue Critique, elle a notamment publié Nos cabanes (Verdier, 2019), Styles. Critique de nos formes de vie (Gallimard, 2016) et Parole et pollution (AOC, 2021).

Jeanne Peylet-Frisch est comédienne et dramaturge. Formée au jeu par Christian Jehanin, elle travaille en tant que comédienne et/ou assistante à la mise en scène avec plusieurs compagnies telles que Réseaux Théâtre, le NTE (Montréal), les Affranchis ou l’Amin Théâtre ou Terrain de Jeu. Elle déploie en parallèle son propre univers théâtral, expression à la lisière de l’écriture, de la musique, du jeu et des arts plastiques. Elle s’intéresse en particulier à la question de la fragilité, des féminités et des rapports de pouvoir.

Le 30 juillet, à 19h, « Dialogue des eaux minérales » avec Julien Choppin, Jérôme Gaillardet & Anne Sophie Milon

Anne-Sophie Milon  est artiste et travaille sur le projet artistique Elles aveyronnent, avec Marion Albert et Tomas Matauko. Ils placent l’Aveyron au centre de leur recherche en interrogeant ses histoires, ses traces, qu’elles soient matérielles ou immatérielles. Les artistes souhaitent générer avec les habitants un regard plus sensible et amplifier nos relations avec la rivière.

Julien Choppin est architecte. Avec Nicola Delon, il fonde en 2001 Encore Heureux Architectes. Il a été le co-commissaire d’expositions de grand rayonnement qui ont donné lieu aux publications suivantes : Matière grise. Matériaux/Réemploi/Architecture (Pavillon de l’Arsenal, 2014), Lieux infinis. Construire des bâtiments ou des lieux ? (B42, 2018) et Énergies Désespoirs. Un monde à réparer (Éditions 205, 2021). Depuis 2020, il s’engage dans une nouvelle voie autour du vivant et de l’agriculture.

Jérôme Gaillardet est géochimiste. Il enseigne les sciences de la Terre à l’institut de Physique du Globe de Paris, est membre de l’Institut universitaire de France et du Centre des politiques de la Terre. Ses recherches portent sur le cycle biogéochimique des éléments chimiques à la surface de la Terre et sur leur évolution temporelle. Il est co-responsable de l’infrastructure nationale de recherche OZCAR, fédérant des observatoires pérennes de la « Zone Critique de la Terre » et collabore avec Bruno Latour sur des projets art-science.

Le 31 juillet, à 17h, « Dialogue des eaux de catastrophe » avec Matthieu Duperrex & Alexis Pernet

Alexis Pernet est paysagiste. Il enseigne à l’École nationale supérieure de paysage de Versailles. Ses projets s’appuient sur une pratique assidue du terrain, une immersion longue outillée par le dessin et l’écriture. Il est membre du comité de rédaction des Carnets du paysage et a notamment publié Le grand paysage en projet. Histoire, critique et expérience (Metis Presses, 2014), Un paysage du renversement. Des agriculteurs à l’école du sol (Éditions du commun, 2019) et Plus grand que la Seine (Parenthèses, 2021).

Matthieu Duperrex est philosophe. Il enseigne les sciences humaines et sociales à l’École nationale supérieure d’architecture de Marseille. Artiste et théoricien, directeur artistique du collectif Urbain, trop urbain (www.urbain-tropurbain.fr), ses travaux procèdent d’enquêtes de terrain sur des milieux anthropisés et croisent littérature, sciences-humaines et arts visuels. Il est notamment l’auteur de Voyages en sol incertain. Enquête dans les deltas du Rhône et du Mississippi (Wildproject, 2019).